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Maurice André 1934
"Le souffle et l'harmonie de sa trompette" Les rues populaires de Tamaris se souviennent encore de ce jeune garçon qui, les soirs d'été, sous
les acacias, berçait leurs soirées aux doux accents de son harmonica. Il inventait des sons, des airs et des trilles et d'aucuns pensaient qu'il tenait, comme on dit, de son père. C'est à Rochebelle qu'il
entama sa vie d'apprenti mineur et obtint ce certificat d'aptitude dont il a lieu d'être fier et qu'il expose dans son bureau parisien.Mais qui se souvient de ses débuts de soliste dans la cathédrale d'Alès, où un
concert avait été organisé par des mélomanes sous la houlette du docteur Bonnal, de sa force qui savait tout à coup se faire douceur et languissante ? Il était déjà certes connu des spécialistes, les prédictions sur sa
carrière étaient flatteuses, mais rien ne fut aussi émouvant pour nous que cette offrande qu'il nous donnait aussi simplement que sous les acacias. Les Alésiens ont suivi avec passion cette ascension dans le firmament
des virtuoses les plus rares et des artistes doués. Ils ont suivi pas à pas, chacune des émissions où, régulièrement, il affinait un tempérament d'artiste, où ses commentaires devenaient de plus en plus techniques
et simples à la fois. On le voyait chez Chancel, interpréter et évoluer, encore dernièrement, vers une perfection d'expression. Il parlait avec amitié de ces trompettistes noirs américains avec lesquels il
regrettait de n'avoir pu jouer. Ses élèves, maintenant, ont l'immense plaisir, et la chance d'avoir un maître qui les comprend, car un artiste comme lui, ne perd jamais son âme d'adolescent. Sa famille est celle
d'un artiste où les enfants, dans les diverses matières, transposent le don qui leur a été transmis. A Rochebelle, centre culturel attentif aux arts, une école maternelle porte son nom. Assez curieusement Maurice
André a interprété à ses débuts à l'harmonie de Rochebelle, un chant patriotique répandu à l'époque, écrit par l'Alésien Xavier de la Mareille et qui n'est autre que " Flotte petit drapeau ". André Chamson se moque de
ce commandant de la musique des sapeurs-pompiers d'Alès, de ses moustaches en croc et de sa chevelure calamistrée. Les petits Alésiens, quinquagénaires maintenant, en connaissent le refrain :" Flotte petit
drapeau, Flotte toujours bien haut, Image de la France, Symbole d'espérance, tu réunis dans ta simplicité, La famille, le sol, la liberté ! ". Ils ont certainement oublié ce couplet où le drapeau devient une "
guenille tricolore ". On se demande si ce chant fait partie de la première discographie d'exercice de Maurice André. |
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