Alain
Dumas

Alès et la Cévenne Capitale

Rotary Club Alès
Cévennes

Robert Louis Stevenson
1850 - 1894

"Je ne marche pas pour aller quelque part, mais pour aller"

La publication, en 1879, de son "Voyage sur un âne à travers les Cévennes" fit entrer notre pays dans l'anthologie des belles régions d'Europe, tout comme Ramond le fit pour les Pyrénées et Saussure pour les Alpes.

Le retentissement de son aventure de dix jours, - il partit de Monestier sur Gazeilles le 20 septembre 1878 pour se rendre à Saint-Jean du Gard -, est encore fort de nos jours et nombreux sont les adeptes qui - avec ou sans retentissement publicitaire - marchent dans les pas de l'écrivain.  Il est vrai qu'un sentier de grande randonnée aide les plus timorés et qu'une chaîne d'hôtels et d'auberges jalonne une bonne partie du parcours.  Il est pourtant permis de rêver en relisant les détails dans l'édition définitive mais aussi dans un modeste cahier d'écolier où, au jour le jour, il notait ses impressions et ses rencontres, avec enthousiasme ou dégoût parfois.  .

Ce récit est une suite d'instantanés.  L'écriture ne fait pas appel à une reconstitution de mémoire et apparaît simple dans sa franchise.  Le retentissement de ce voyage, au-delà de la description et de la découverte des Cévennes tient au caractère spontané de la relation.

Marcher dans les Cévennes n'allait pas sans danger, même si Hippolyte Madègue, dans un guide pour touristes à venir, écrivait, pour être rassurant : "Le loup ordinaire qui récemment encore suivait la diligence du Puy au Monestier commence se faire rare dans le département". Il en rajoutait : "Les gens ne s'aventuraient sur la route q 'armés de leur long e et triste coutelière qu'ils piquaient sous la table de l'auberge, par précaution". Il concluait en affirmant que le dernier bandit était au bagne.

Avec son pistolet - il en parle peu – et l'ânesse Modestine - il en parle beaucoup – le voilà donc parti vers le bas Vivarais, la limite du Gévaudan et les Cévennes.

Le ciel étoilé pour lui est un émerveillement constant. Il est sensible au mode de vie qu'il découvre chez les Floracois : "j'ai appris que toute la population vivait en bons termes – camisards noirs et camisards blancs, hommes de milice, miquelets et dragons, prophètes protestants, volontaires, catholiques de la croix blanche, tous avaient sabré, tiré, incendié, pillé et massacré, le cœur ardent de passion et de colère; et maintenant, après 170 ans, les protestants, toujours protestants, et les catholiques vivent ensemble amicalement grâce à une mutuelle tolérance. Il a pu écrire que " ce pays est souriant malgré sa rudesse".

Mais la grande aventure est la découverte des Cévennes et l'on voit ici que Stevenson a le génie du lieu pour décrire son arrivée au Pont de Montvert.

"J'avais jusqu'à présent parcouru une région morne – et rien d'autre de plus remarquable que la bête du Gévaudan – mais maintenant j'allais descendre dans le décor d'un chapitre romantique de l'histoire du monde". Dans le même texte il s'était écrié : "ce sont là les Cévennes des Cévennes. C'est dans ce labyrinthe indéchiffrable de collines qu'une guerre de bêtes féroces fit rage pendant deux ans entre le Roi Soleil avec toutes ses troupes et ses maréchaux d'un côté et quelques protestants montagnards de l'autre".

L'on peut se demander pourquoi Stevenson a entrepris ce voyage.  Il s'agissait, apparemment, de faire le point sur sa vie et son œuvre future.  Il pensait à Janny qui allait divorcer pour devenir son épouse.  Il répondait à un double désir d'évasion physique et métaphysique et aussi d'écriture, par goût et nécessité.  Il ambitionnait, à l'instar des hippies contemporains, la volonté d'être et la liberté d'agir par opposition à " ces employés de banque qui ronflent dans leurs soupentes après avoir passé la soirée dans un bar frelaté ". Il explique lui-même son voyage en donnant la définition du voyageur : "Je ne marche pas pour aller quelque part, mais pour aller".

C'est ainsi qu'il peut résumer sa brève vie : il voyagea aux Îles Marquises et s'éteignit à Tuamoutou après avoir écrit l'" Ile aux Trésors " et " Docteur Jekyll et Mister Hyde " qui méritent mieux que les tirages destinés aux enfants.  Il est le précurseur de la randonnée moderne et du marcheur insatiable.

Les sites sur R.L. Stevenson sont très nombreux sur le web et le plus souvent à caractère touristique. Voici 2 sites qui nous semble les plus intéressants d'un point de vue historique. Le premier est en français et est très complet sur la vie et l'oeuvre de l'auteur. Le second est en anglais, il répertorie l'ensemble des poèmes de l'auteur.

Mise à jour le 1er avril 1999
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